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une petite poesie.....
Auteur : Colombine307 
81/195

Date :    26-06-2025 22:40:12


Lueur d Amour

Dans le clair-obscur de tes yeux profonds,
Je me perds, enivré par ton doux regard.
Et nos âmes, dans une étreinte sans fin,

S'unissent au-delà du temps et du hasard.

Paul’Verlaine
Auteur : Colombine307 
82/195

Date :    28-06-2025 23:40:39


Voici la mort du ciel…

Voici la mort du ciel en l’effort douloureux
Qui lui noircit la bouche et fait saigner les yeux.
Le ciel gémit d’ahan, tous ses nerfs se retirent,
Ses poumons près à près sans relâche respirent.
Le soleil vêt de noir le bel or de ses feux,
Le bel oeil de ce monde est privé de ses yeux ;
L’âme de tant de fleurs n’est plus épanouie,
Il n’y a plus de vie au principe de vie :
Et, comme un corps humain est tout mort terrassé
Dès que du moindre coup au coeur il est blessé,
Ainsi faut que le monde et meure et se confonde
Dès la moindre blessure au soleil, coeur du monde.
La lune perd l’argent de son teint clair et blanc,
La lune tourne en haut son visage de sang ;
Toute étoile se meurt : les prophètes fidèles
Du destin vont souffrir éclipses éternelles.
Tout se cache de peur : le feu s’enfuit dans l’air,
L’air en l’eau, l’eau en terre ; au funèbre mêler
Tout beau perd sa couleur.
Auteur : Colombine307 
83/195

Date :    29-06-2025 18:27:54


La vie est belle en camping-car !

Sur la route à nouveau, on vous dit au revoir,
Sur la route encore, roulons jusqu’au phare,
Sur la route pour toujours, larguons les amarres,
Nous sommes aujourd’hui plein d’espoir,
Non, ce n’est pas un canular
Non, on en aura jamais marre,
La vie est belle en camping-car !

Il y a tant de belles choses à voir,
Tant de jolis villages et de lavoirs,
Tant de rivières et de gabarres,
Et tant de châteaux et de manoirs
Qu’il va vraiment nous falloir,
Emprunter plusieurs trajectoires,
La vie est si belle en camping-car !

Comme des vieux routards,
Nous irons jusqu’à Gilbraltar,
Et peut-être même jusqu’à Zanzibar,
Nul besoin d’aérogare,
Et même s’il se met à pleuvoir,
Et que le ciel devient noir,
La vie est très belle en camping-car !

Non, tout cela n’est pas dérisoire,
Même si c’est parfois une échappatoire,
C’est aussi notre étendard, notre anti cafard,
Et même s’il nous sert un jour de corbillard,
Ou qu’il nous fasse croiser quelques lascars,
Toujours nous garderons en mémoire :
La vie est trop belle en camping-car !

Allons, ne sortons pas les mouchoirs,
Il est trop facile de s’émouvoir,
Pensons plutôt à apercevoir,
Tous les trésors et les caviars,
Tous les sucs et les nectars,
Partons, remplissons le réservoir,
Oui vraiment, la vie est belle en camping-car.

Auteur : Colombine307 
84/195

Date :    30-06-2025 21:42:31


Walcourt

Briques et tuiles,
Ô les charmants
Petits asiles
Pour les amants !

Houblons et vignes,
Feuilles et fleurs,
Tentes insignes
Des francs buveurs !

Guinguettes claires,
Bières, clameurs,
Servantes chères
À tous fumeurs !

Gares prochaines,
Gais chemins grands…
Quelles aubaines,
Bons juifs-errants !


Paul’Verlaine
Auteur : Colombine307 
85/195

Date :    01-07-2025 13:46:42


La canicule

Même au-delà du seuil des extrêmes du temps,
Avec autant de grâce en fleur du crépuscule,
Sous la vive chaleur perlée au coeur des vents,
Jamais rien ne parut comme la canicule.

Saisissante fournaise aux effets désastreux
S'impose au fil des jours, laisse un pays fantôme.
L'air brûle sans haleine, embrasse un ciel cuivreux,
Berce un monde endormi que le parfum embaume.

La sécheresse inonde alors l'immensité,
Puis juste une étincelle, et les forêts s'embrasent,
Le vent souffle et propage encor le feu teinté
Dans une course folle, ouf ! les pompiers l'écrasent.

Cette lourde ambiance où l'air n'existe plus,
Devient pour les vieillards, un épuisant calvaire,
Seulement las de vivre en regrets superflus
Meurent dans le silence : un jugement sévère !

Auteur : Colombine307 
86/195

Date :    02-07-2025 21:58:50


A Charles Baudelaire

Je ne t’ai pas connu, je ne t’ai pas aimé,
Je ne te connais point et je t’aime encor moins :
Je me chargerais mal de ton nom diffamé,
Et si j’ai quelque droit d’être entre tes témoins,

C’est que, d’abord, et c’est qu’ailleurs, vers les Pieds joints
D’abord par les clous froids, puis par l’élan pâmé
Des femmes de péché – desquelles ô tant oints,
Tant baisés, chrême fol et baiser affamé ! –

Tu tombas, tu prias, comme moi, comme toutes
Les âmes que la faim et la soif sur les routes
Poussaient belles d’espoir au Calvaire touché !

– Calvaire juste et vrai, Calvaire où, donc, ces doutes,
Ci, çà, grimaces, art, pleurent de leurs déroutes.
Hein ? mourir simplement, nous, hommes de péché.

Paul Verlaine
Auteur : Colombine307 
87/195

Date :    03-07-2025 14:12:17


Les ingénus

Les hauts talons luttaient avec les longues jupes,
En sorte que, selon le terrain et le vent,
Parfois luisaient des bas de jambes, trop souvent
Interceptés ! - et nous aimions ce jeu de dupes.

Parfois aussi le dard d'un insecte jaloux
Inquiétait le col des belles sous les branches,
Et c'étaient des éclairs soudains de nuques blanches,
Et ce régal comblait nos jeunes yeux de fous.

Le soir tombait, un soir équivoque d'automne :
Les belles, se pendant rêveuses à nos bras,
Dirent alors des mots si spécieux, tout bas,
Que notre âme, depuis ce temps, tremble et s'étonne.

Paul Verlaine
Auteur : Colombine307 
88/195

Date :    04-07-2025 17:12:55


Jeune ménage

La chambre est ouverte au ciel bleu-turquin ;
Pas de place : des coffrets et des huches !
Dehors le mur est plein d'aristoloches
Où vibrent les gencives des lutins.

Que ce sont bien intrigues de génies
Cette dépense et ces désordres vains !
C'est la fée africaine qui fournit
La mûre, et les résilles dans les coins.

Plusieurs entrent, marraines mécontentes,
En pans de lumière dans les buffets,
Puis y restent ! le ménage s'absente
Peu sérieusement, et rien ne se fait.

Le marié a le vent qui le floue
Pendant son absence, ici, tout le temps.
Même des esprits des eaux, malfaisants
Entrent vaguer aux sphères de l'alcôve.

La nuit, l'amie oh ! la lune de miel
Cueillera leur sourire et remplira
De mille bandeaux de cuivre le ciel.
Puis ils auront affaire au malin rat.

- S'il n'arrive pas un feu follet blême,
Comme un coup de fusil, après des vêpres.
- Ô spectres saints et blancs de Bethléem,
Charmez plutôt le bleu de leur fenêtre !

Arthur Rimbaud

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